Le site de la Chaire d’études Europe-Russie de l’UCLouvain
Revue d’actualité (septembre 2022) – Tenir

Revue d’actualité (septembre 2022) – Tenir

En ce début d’automne, tous les regards sont tournés vers l’hiver qui approche. Les regards européens, ébranlés par l’absence quasi totale de gaz russe dans leurs usines et leurs foyers. Les regards ukrainiens, qui pensent au terrain bientôt boueux, bientôt gelé qu’il faudra regagner mètre après mètre. Les regards de tous ceux qui pensent que Vladimir Poutine ne « bluffe » pas lorsqu’il brandit l’arme nucléaire pour s’accaparer quatre morceaux de territoire étranger. Le mois de septembre résonne d’un seul mot d’ordre : tenir plus longtemps que l’adversaire. Pour l’Europe, il s’agit de tenir jusqu’à l’épuisement des forces russes qui se démobilisent plus qu’elles ne se mobilisent, ou jusqu’à cette révolution de palais qui ne vient pas (encore) du côté espéré. Pour la Russie, il s’agit de tenir jusqu’à ce que les sociétés européennes, paupérisées et congelées, se lassent de soutenir l’Ukraine. Lorsque tenir une heure de plus que l’ennemi devient une stratégie, le reste — les sanctions, les visas, les enquêtes internationales — devient l’expression de la patience stratégique.

Revue d’actualité (juillet/août 2022) – La « permacrise »

Revue d’actualité (juillet/août 2022) – La « permacrise »

Si les crises ont prouvé leurs vertus dans certains cas – en éveillant les consciences et en renforçant les solidarités – la « permacrise » pousse aujourd’hui l’Union dans ses retranchements. Les Vingt-Sept ne peuvent aller plus loin dans la coercition économique l’encontre de la Russie, mais renforcent les mécanismes et appellent à la « patience stratégique ». Sur les enjeux énergétiques et de sécurité, les fractures sont profondes mais l’on perçoit toutefois une volonté ferme de trouver la voie du compromis pour préserver la cohésion. Europe.Russie.Debats passe en revue les différents dossiers qui ont marqué les mois de juillet et août dans les domaines de la coercition à l’encontre de la Russie, de la résilience européenne, du soutien à l’Ukraine, et dans divers autres dossiers d’importance pour le voisinage oriental de l’Union.

Revue d’actualité (juin 2022) – Résilience

Revue d’actualité (juin 2022) – Résilience

Entre le 3 et le 23 juin, l’Union a façonné deux compromis importants – l’un, sur le sixième paquet de sanctions et l’autre, sur les conditions d’une adhésion future de l’Ukraine, de la Moldavie et de la Géorgie. Dans ce même intervalle, elle a subi l’effet revers de ses propres sanctions et la diminution des approvisionnements en gaz qui frappe l’espace européen de Copenhague à Syracuse. A travers la tourmente, l’Union a toutefois réussi à renforcer ses capacités réelles en termes humanitaires, économiques et judiciaires. Recentrage, renforcement et résilience s’imposent en ce début de présidence tchèque comme des priorités vitales pour maintenir une présence utile aux côtés de l’Ukraine.

Revue d’actualité (mai 2022) – Le centième jour

Revue d’actualité (mai 2022) – Le centième jour

L’actualité euro-russe du mois de mai est dominée par quatre grands dossiers: le sixième paquet de sanctions européennes qui franchit enfin l’obstacle du pétrole russe, le travail juridique sur la confiscation des avoirs gelés en vue de la reconstruction de l’Ukraine, l’avis de la Commission sur la candidature de l’Ukraine, de la Moldavie et de la Géorgie à l’UE, et l’urgence alimentaire, où les obstacles administratifs et logistiques qui entravent l’exportation des produits agro-alimentaires se doublent d’un combat inégal entre les narratifs européen et russe sur la responsabilité de cette tragédie imminente.

Revue d’actualité (avril 2022) – Champs de batailles

Revue d’actualité (avril 2022) – Champs de batailles

Les massacres perpétrés dans la région de Kiev, révélés le 1er avril à la faveur du désengagement russe, ont déclenché des réponses fermes de la part de l’UE à divers niveaux : au niveau de la coercition économique, au niveau de la lutte contre l’impunité, au niveau du soutien à l’Ukraine, mais également, dans une vision plus globale, au niveau de la résilience de l’Union. Le mois d’avril apparaît rétrospectivement comme un mois de transition entre deux trains de sanctions : celui du 8 avril, qui amorce l’offensive européenne sur les énergies, et celui de début mai, qui vise le cœur – mais pas encore l’écosystème – de la rente pétrolière russe.

Que pourra faire, dans trois mois, une Europe déforcée?

Que pourra faire, dans trois mois, une Europe déforcée?

Le Chancelier Scholz a été très clair au Bundestag: en précipitant la décision d’un embargo gazier, l’Europe risque de précipiter l’Allemagne dans la “pire crise économique et sociale” depuis la Seconde Guerre mondiale, la mise en péril de l’industrie, et la perte de centaines de milliers d’emplois. Il plaide pour une déconnexion des réseaux russes graduelle pour éviter le choc. Le devoir de l’Europe est-il d’assécher le budget russe maintenant, ou de sauvegarder sa puissance industrielle, économique et sociale pour assurer la défense de l’Ukraine – et, demain, de la Moldavie?

Revue d’actualité (octobre 21) Russie-Occident. Bas les masques?

La lettre d’information de ce mois s’intitule « Russie-Occident: bas les masques? » en référence au délitement des mécanismes de dialogue ou de coopération hérités de l’après-guerre froide. La fermeture des missions diplomatiques OTAN/Russie, conjuguée au tarissement des mesures de confiance au sein de l’OSCE, donne le ton d’une relation UE-Russie atteinte, elle aussi, par le syndrome du désengagement.
Pourtant, de la crise du gaz aux enjeux du voisinage oriental (Belarus, Ukraine, Moldavie) en passant par le Prix Sakharov décerné à Alexei Navalny, les relations UE-Russie ont affiché, ce mois-ci, une intensité considérable.

Revue d’actualité (Septembre 21)

Chaque mois, Europe.Russie.Debats fait le point sur les dossiers qui ont marqué l’actualité euro-russe en prenant soin d’en extraire l’essentiel. N’hésitez pas à nous signaler les faits ou les publications remarquables qui nous auraient échappés, ou ceux qui...

L’hydrogène européen peut-il se passer du gaz russe?

L’ambition européenne de développer une production à l’hydrogène « vert », sur la base d’énergies renouvelables, est-elle réaliste? Si oui, dans quel délai, et au prix de quelle transition? Pour Danila Bochkarev, l’Union européenne devra – pour atteindre son objectif – s’accommoder d’une production intérimaire d’hydrogène bleu (produit à base de gaz naturel) pour accélérer l’abandon des combustibles fossiles tout en évitant des coûts rédhibitoires. Un scenario qui implique une forte dose de pragmatisme de la part de l’UE comme de la Russie… Décryptage.

Russia’s political discourse on the EU’s energy transition (2014-2019) and its effect on EU-Russia energy relations

Dans cet article publié fin avril 2021, Tatiana Romanova livre les résultats d’une recherche approfondie sur le discours officiel russe à l’égard de la transition énergétique de l’UE. La période étudiée s’étend de 2014 (année-pivot des relations) à 2019 (année des principales stratégies énergétiques de part et d’autre). La position de la Russie est ici celle d’un « policy-taker »: l’étude capte la manière dont Moscou perçoit les ambitions stratégiques européennes, et dessine les réponses politiques qui en découlent.